L'AIGOUAL....cette fois çi , nous voici!

  • Par velossimo
  • Le vendredi, 11 Octobre 2013
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Très cher Aigoual !

Rappelle toi. En juin, les copains en route vers l'Ardèche n'étaient finalement pas tous venus te saluer. L'heure, le brouillard, les kilomètres avaient finalement dissuadé le Basque Accompagnant et sa coéquipière de vérifier si ton observatoire maintenait son cap météo en toutes circonstances.

Quant à moi, j'avais décidé quelques jours avant le grand départ de rester à Albi, la mort dans l'âme et la douleur au genou persistante après une soirée de gymnastique et de basket avec les joyeux drilles de l'ASAL. J'ai dû écouter la recommandation du toubib après un passage en IRM. Le mot d'ordre médical était..."patience, patience"! Ou encore..." surtout pas d'effort en côte, pas de côte"'' ....ce qui,pour une traversée des Pyrénées, n'est pas des plus simples à résoudre.

Jean Louis et moi avions vraiment une dette à ton égard.Nous sommes donc venus nous en acquitter ce mercredi 9 octobre. Jour de congé pour le mécano et de vacances exceptionnelles pour le vacancier permanent en quête d'un autre pari fou.10000kms au 31 décembre malgré deux mois d'abstinence sur le premier semestre. Les Dieux de la météo seront ils avec moi, nom de Zeus?

L'Aigoual, cette fois çi, nous voici.

Partis d'Albi en Lodgy vers les 7H30, courageusement attablés vers 9H45 au bistrot de Nant pour un bon café et de savoureux échanges verbaux avec la patronne, parés de nos cuissards longs et prêts à enfourcher les vélos à 10H. La météo avait prévu 10 degrés à Nant et 2 là haut chez toi. En fait, première bonne surprise, nous avons quitté notre camp de base avec une température de 14 degrés.

Le Basque a tracé l'itinéraire , vérifié et revivifié ses choix durant quelques soirées. Je reconnais la qualité du travail de ce capitaine de route consciencieux et sachant doser les difficultés pour des grupettistes de notre espèce.

Pour venir te saluer, on a donc d'abord cheminé vers les Cuns , l'éperon rocheux de Cantobre et ses maisons fortifiées dominant deux vallées et la rivière Dourbie . On a alors rejoint Trèves et son épicerie associative avant d'atteindre la Pierre Plantée -ligne de partage des eaux- après 5 kms de montée à 5,6% de moyenne.Le Basque m'avait prévenu de la hardiesse du premier kilomètre mais je l'ai assez bien maîtrisé. On a ensuite enchaîné vers Dourbies , la commune et ses hameaux rattachés puis l'Espérou .

Joli parcours, moments et routes privilègiés . Nature, calme, silence.Beauté des gorges. .Peu de trafic à quatre roues..Un fort sentiment de quiétude dans la tête et le corps. Pédaler en compagnie d'un pote devient un régal.

Arrêts photo selon notre bon plaisir au hasard des rencontres paysagères et architecturales. Joies de rouler et de vivre sur l'instant présent sans contrainte d'horaires, de contempler aussi des paysages rappelant certains films sur les épopées camisardes et les révoltes contre le clergé catholique. Pont de Montvert n'est pas si loin.

Plaisirs aussi de découvrir des rochers de granit disséminés en plein champs ou sur la rivière et rappelant notre Sidobre, de rouler plusieurs fois sur des tapis de fruits rouges supposés être des sorbiers, d'entendre de cristallines cloches de vaches avant de les apercevoir ruminant paisiblement à flancs de coteaux . Frustrations enfin de ne pas rencontrer de brebis sur ces terres de haute transhumance même si l'on en devine la raison.

Amusement de trouver de temps à autre de flambants mobil home et d'antiques caravanes bien usagées sur des terrains de camping ayant su conserver une taille humaine. Cette région sait garder une âme de pionnière du tourisme de découverte naturelle .

En arrivant à l'Espérou, le Basque Affamé décide de stopper devant l'épicerie du village . Belle intuition car on connait alors une formidable émotion culinaire. Les casse croute de l'épicerie La Transhumance sont aussitôt entrés dans le top ten de mon classement des meilleurs sandwiches . Vrai pain de campagne, vrai jambon de pays, vraie tome de brebis. Le tout , assez copieux, pour 3, 30 euros chacun.De quoi faire fermer à tout jamais toutes les supérettes des aires de repos autoroutières.

La montée finale vers l'Aigoual s'étale sur 9 kilomètres de pente pas vraiment agressive -de 3,5 à 5,6%-d'autant plus que le nouveau revêtement de la large voirie nous offre un confort sans limite si ce n'est celle du marquage.

Il est presque 14 heures quand on pose pied devant la signalétique Observatoire météorologique du Mont Aigoual.1567 mètres. Le temps de se congratuler, de noter les 54 kilomètres affichés par le compteur, d'observer intensément le panorama après avoir rejoint la table d'orientation, de regarder le bâti , de croiser une Japonaise dont un mollet plâtré est quasiment scotché à un mini plateau à roues.

Le temps aussi de jouer juste un peu les cabots. On se prend en photo l'un l'autre. On téléphone à Sébastien et à Walter pour saluer les potes et pour envoyer au Conseil Général quelques bouffées d'air pur aigoualien via les smartphones.

Air pur, air pur...je ne saurais oublier derrière les toilettes publiques du bâtiment le long tuyau du camion de vidange de la fosse septique venu retirer les témoignages odorants de la saison touristique. Les effluves ne nous dissuadent pas de franchir la porte du bistrot pour y apprécier un café.

Plus loin, près des parkings, un groupe d'étudiants en géologie , tous assis en tailleur sur l'herbe,de grands cahiers sur les genoux, écoute religieusement un cours professoral de préparation à un concours. Avec pour décor naturel cet assemblage de montagnes ;

Allez, salut l'Aigoual!

Retour pour nous vers Nant par un tout autre parcours que celui de l'aller. 50 kilomètres logiquement plus faciles puisque descendants via Montjardin, Lanuejols, Revens et Cantobre. Tout se passe bien, hormis quelques frayeurs dues au bruit intermittent de ma roue avant dès que je dépasse les 40 kms/heure. Hormis aussi une atteinte certaine sur une route forestière en raison du chargement en arbres et branches d'un camion par une espèce de grue -élévatrice aussi brutale qu'impressionnante. Quelques automobilistes héraultais venus cueillir les champignons cévenols prennent leur mal en patience.

16H30. On retrouve la place principale de Nant .Quelques minutes plus tard, re transformés en bipèdes sans casque ni cales aux chaussures, on se promet une bonne bière récompense à Saint Afrique. Et on tient notre promesse.

D'ailleurs, cher Aigoual, cette Leffe, on l'a dégusté à ta santé. Ravis de cette journée et de t'avoir enfin rencontré. Il aura quand même fallut de Nant à Nant plus de 104 kms et 5h 27 de selle.

Mon premier objectif 2013 est atteint. Je poursuis le second.

MICHEL
10 octobre 2013.

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