Mes 10 OOOkms de l'an 2013

  • Par velossimo
  • Le jeudi, 19 Décembre 2013
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MERCI BARNABE ou  le rêve des 10000 !

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10 000 kms en vélo en dix mois pour cheminer sur des petites routes du Sud Ouest, s'aérer la tête, oublier des pépins musculaires et aller au bout du rêve à deux roues d'un récent Vacancier Permanent

 

Le rêve aère la tête et prépare les muscles.

 

« Eh, les bisounours de tout âge , les temps sont durs. ... faut pas rêver , ce n'est plus l'heure,...Mai 68 était d'une autre époque, d'un autre siècle !C'est la crise maintenant ...on avancera à petits pas...remballez vos chimères ...rentrez dans le rang ...il n'y a qu'une voie à suivre » répètent allègrement à quiconque s'écarte des réflexions standardisées de nombreux experts et autres beaux parleurs férus de pragmatisme .

 

Pragmatisme.Ah le joli mot ! Souvent utilisé à tout va par ces mêmes spécialistes. Toujours sérieux et raisonnables.Responsables aiment-ils préciser. Je les trouve assez BCBG , adeptes du désopilant style de premier de la classe. Proprement coiffés , sagement habillés. Uniformés . Parfois sympas, parfois suffisants. Jamais enclins à enclencher le moteur de l'utopie. « Cette foutaise, cette erreur » nous lancent -ils avec juste ce qu'il faut de condescendance pour montrer les difféPour un peu, je trouverais leur appel permanent à la raison démoralisateur ou dogmatique tout en respectant leur démarche lorsqu'elle respire la sincérité. Pas toujours. Certains en font plus ou moins délibérément carrière.

 

Tant pis ou tant mieux pour moi, je me sens de plus en plus d'un autre univers. Depuis avril 2012,mes vacances permanentes-certains appellent ça la retraite- ont amplifié mes penchants envers le doutesur l'évolution de ce bas monde. Sans renier les parcours de jeunesse.

 

Les balades en vélo, réguliers rendez vous avec soi même ou avec les copains , n' y sont pas étrangères. Elles favorisent aussi la méditation. Les résolutions. La rêverie. Emprunter les chemins de traverse sur mon cher vélo Barnabé m'aère la tête des flux d'un formatage certain de l'opinion et de la réduction des enjeux politiques et sociétaux à d'incessantes mesures techniques .Pragmatiques.

 

Désolé, je vais maintenant parler de moi en quelques lignes .Suprême paradoxe que celui d'un jeune retraité -mari, père et grand père-matériellement à l'abri mais cherchant quand même d'autres rives.Heureux symbole des générations les plus chanceuses de l'après guerre et des Trente Glorieuses ,je demeure insatisfait !Curieux et désireux d'une autre société.

 

Je ne sais pas si ça se soigne et je n'y cherche d'autre remède que l'engagement.Sans réellement trouver lequel(s) et sans continuer à suivre avec autant de connivence que durant ma vie professionnelle les habituels professionnels de la politique progressiste .Le doute , le rêve.

 

Les pragmatiques et les esprits chagrins nous ont baptisés bobos et irréductibles ringars de 68 « De quoi eux peuvent - ils donc se plaindre ? » Peut être ne nous plaignons nous pas pour nous même mais aimerions nous contribuer à réhumaniser radicalement la vie sur la planète. On veut participer d'une vision d'avenir différente.

 

En vélo , je déguste les paysages gaillacois ou quercynois ,me remémore de joyeux évènements , rêve à de nouvelles entreprises mais telle ou telle récente actualité dramatique m'amène aussi à penser sans sensiblerie que la société actuelle -celle des pays riches comme les autres-se raidit inexorablement dans quasiment tous les secteurs.

 

Une double tendance sociétale m'horripile tout particulièrement. La monétisation quasi générale de tous les actes de notre vie et la hiérarchisation de la valeur humaine selon le portefeuille .

 

Infatigables lanceurs d'alerte de la société civile Albert Jacquard , Henri Grouès Joseph Wresinski, Xavier Emmanuelli ,Coluche , Thomas Piketti, Pierre Larroutourou et d'autres plus méconnus ont voulu entretenir la flamme d'un meilleur partage .Chacun à sa manière. Il reste un long chemin à parcourir.

 

Louis Aragon a su nous demander si « c est ainsi que les hommes vivent » avant d'être chanté avec verve par Léo Ferré, Yves Montand, Philippe Léotard et Bernard Lavilliers « .Références durables.

 

Leurs jeunes successeurs existent certainement. Du côté de la nouvelle poésie chantée. Vers le slam, le rap , la nouvelle chanson.

 

Grand Corps malade a montré le chemin.Ma mère a étonnement découvert ses textes avant la plupart d'entre nous dans la famille et nous a époustouflés un soir de dîner prolongé à Sauzet en reconnaissant les premiers accords d'une de ses compositions.Avant tout le monde. On s'en rappelle tous.

 

Le sport est bien sur concerné par ces débats sur l'immersion de la finance .

 

Vélo, rugby, foot par exemple . Pourquoi ces formidables bleus du 20 novembre dont on a salué logiquement l'exceptionnelle rage de vaincre au Stade de France deviendraient ils in extremis les nouvelles icônes auxquelles nous devrions nous référer pour être de notre temps ? Devrons nous adopter leurs comportements, leurs idées, leurs valeurs, leurs accoutrements ?

 

Très peu pour moi quoique....

 

Je les aime pourtant bien ces grands bleus du ballon rond quand ils font vibrer de joie tout un stade mais je leur laisse spontanément leur Maserati , leur Rolex , leur apparent style de vie ou leur compte en banque .Leur (notre) récente victoire ne saurait être ternie par de nouvelles substantielles primes de qualification.

 

Vacancier permanent, je cherche maintenant à privilégier les pratiques purement amateurs dans la culture et le sport. A mon très faible niveau, j'aime et je recherche l'acte gratuit, la vraie solidarité entre acteurs , le dépassement de soi même , parfois douloureux, pour le plaisir et la fierté.Individuelle et collective.

 

J'ai donc rempilé pour un an dans la troupe du Petit Théâtre de la Madeleine et voulu tenter de me préparer méthodiquement -façon grupettiste- pour la Grande Sortie 2013 du groupe des cyclos de l'ASPCG du Tarn. Ceci supposait une à deux sorties par semaine sur mon vélo Barnabé .

 

Mais voilà, des incidents indépendants de ma volonté ont changé plusieurs fois mes aspirations cyclo.

 

Ils m'ont m'entraîné différemment vers de nouvelles aventures. De nouveaux rêves aérant la tête et préparant les muscles. Finalement, je ne regrette pas et plus ces imprévus. Je sais ce que j'y ai perdu d'un côté et gagné de l'autre.

 

Entre janvier et novembre 2013, Barnabé et moi avons emprunté d'autres chemins de traverse.Nous sommes allés au bout d'un nouveau rêve commun surgi en deux contretemps de grande frustration musculaire.Il s'appelle le Rêve des 10000 et mon vélo en a assuré toute la logistique.

 

Démonstrations.

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Le rêve sublime la frustration et conduit à l'estime

 

Début janvier, Barnabé et moi nous nous étions pourtant accordés très vite sur notre participation à la rituelle grande sortie annuelle des copains cyclo de l'ASPCG du Tarn. Habituellement une sacrée rando sur plusieurs jours demandant une forme physique évidente pour avaler nombre de kilomètres et digérer pas mal de côtes de toute difficulté.Cette année ce devait être l'Ardèche et ses gorges.

 

Logique. On forme un bon duo. On dispose du même temps libre .A nous donc de nous organiser en bonne intelligence pour préparer avec effort et constance l'aboutissement de ce projet .

 

Le projet 2013 a habité les esprits et s'est transforme en rêve . André A L'Ex André, Didier le Président et Jean Louis ont « openrunné « à qui mieux mieux pour bâtir toutes les hypothèses d'itinéraires et d'hébergement.On a apprécie leurs messages.On a ébauché des scenarii.

 

Jacques de Vigne Haut, Jean Louis le Basque Ardéchan et moi avons même rêvé de rejoindre l'Ardèche en vélo depuis Albi. En 3 étapes de plus de cent dix kilomètres chacune. Nos autres potes -les stars- projetaient de rallier le camp de base beaucoup plus rapidement.

 

Tous les copains ne roulaient pas en ce premier mois de l'année.André prenait son mal en patience car une opération le privait de vélo jusqu'en février. Bernard, Lolo, se remettait lentement d'une chute urbaine de décembre .Dany le Sage se bagarrait avec un genou enflammé .Jacques de Vigne Haut gèrait au mieux ses emplois du temps familiaux et associatifs et....ses douleurs aux lombaires. Francis poursuivait sa convalescence ou se préparait à une opération du ménisque .J'en oublie peut être.

 

Patatras. J'ai rejoint le club des éclopés au sortir d'une soirée au Napoli de Patrice et Laetitia après avoir voulu défier à la course à pied Mumu, revenue le 7 décembre de la Réunion avec sa Zina .Défi sur cinquante mètres, départ arrêté. Double claquage !!!! Bravo l 'Ecrivain public , bravo le sexagénaire amnésique sur son âge m'a soufflé Andrée.

 

Ce premier grand moment de frustration musculaire s'est éternisé mais je me suis concentré sur mes répétitions de la prochaine pièce du Petit Théâtre de la Madeleine en février sur la grande scène albigeoise. Dom Juan d'après Tirso de Molina.J'y jouerai Octavio et y mourrai sur place ! La gym volontaire du lundi soir à Lescure m'a aussi procuré d'autres plaisirs de groupes. Devait plutôt. 

Mum et Zina ont apporté quelques zestes d'animation supplémentaire dans la maison réorganisée par Andrée pour accueillir au mieux sa maman dont la santé et l'autonomie déclinaient conjointement.

 

Février.Reprise sportive et sorties grupettistes avec Jean Marc, Sébas, Jean Louis .Didier, le Duc de Chevreuse nous a accompagné quelques fois. Linlin, rassuré par ses analyses pré-cholesterol et gamma GT a fait une apparition.

 

On s'est aussi regroupé entre stars et grupettistes pour la reprise d'André.J'y ai retrouvé Walter, Pélou, Alain, Hervé.Je me souviens aussi d'avoir roulé à cette époque une fois ou deux avec mon pote Andy.Sur ses terres carmausines ou ségalesques .En mai, le vent et ou la pluie ont contrarié plusieurs fois le projet de sortie en Mazamétain, chez l'ami Guy. Sa déception n'était pas feinte.

 

Début juin, Barnabé rayonnait. Il venait aussi de renouer avec les petites routes du Lot. Bélaye, Luzech, le col de Crayssac, Douelle, Saint Vincent Rives d'Olt , Montcuq, Castelnau-Monratier, Montpezat du Quercy notamment.

 

Sur le Tarn , il s'était offert plusieurs côtes entre la vallée d'Ambialet et les plateaux de Villefanche ou d'Alban, une rando en Grésigne jusqu'à Penne et Vaour, des sorties dominicales avec les collègues vers Gaillac, Cadalen, Cahuzac, le Réalmontais, Teillet . Je me souviens d'une insolite petite route entre Arifat et Lafenasse passant devant une gigantesque carrière.

 

En prévision du périple ardéchois, Jean Louis le Basque avait récemment et consciencieusement requinqué Barnabé .

 

Je me sentais aussi en forme, satisfait de mes entraînements et fier des 2997 kms maintenant affichés par le compteur du vélo. Je m'étais donné pour objectif d'atteindre 3000 kilomètres avant d'entamer l'opération Ardèche. Nous avions encore 3 semaines devant nous. Le rêve semblait à portée de pédale.

 

Patatras bis. La séance de gym du lundi soir va contrecarrer les choses. Pendant un petit match de basket, lors d'un mouvement de rotation, je sens soudain mon genou gauche faire des siennes , se déboiter un peu et me signifier une douleur chaude constante. Je boitille .J'arrête aussitôt de courir, me douche, abandonne les copains du gymnase et rentre tout penaud à la maison, rue Lamartine.

Michel , le copain toubib membre du club de gym de Lescure et Jacky le coach m'avaient ausculté et rassuré : «... ce ne sont pas les ligaments, mets toi de la glace ….dans quelques jours, ça devrait aller... »

 

Tu parles...le lendemain, difficile de mettre le pied à terre....direction la clinique Claude Bernard pour des radios ...retour chez le médecin généraliste ...port d'une grandissime attelle ….examen en IRM au bout d'une semaine vu la persistance de la douleur et de la gêne.

 

Verdict final du toubib quant à ma future pratique du vélo …. » pas d'objection majeure pour de prochaines courtes sorties sur le plat ….par contre je vous conseille fortement d'éviter tous types de côtes et de longues distances nécessitant des efforts musculaires soutenus»...

 

Et l'Ardèche ? Et le mont Aigoual? Et les gorges ? La sortie de 600 kilomètres avec les potes ? Déjà, l'année précédente, j'ai déclaré forfait pour les Pyrénées , je vais quand même pas récidiver !

 

Et bien si ! La route des gorges s'adresse aux grimpeurs...

 

Seconde frustration pas simplement musculaire. Me voici pour au moins trois semaines en chômage sportif. Ni gym, ni vélo en extérieur.Seule la natation est encouragée.

 

J'ai beau fréquenté Atlantis avec l'ami Jacques de Vigne Haut, lui aussi hors course ardéchoise.la douleur persiste ... Ah, ces deux vacanciers permanents, ils ne tiennent pas le coup !.

 

Frustré, vexé, excédé, je confirme mon renoncement pour le périple ardéchois lors de l'ultime réunion de coordination au Conseil Général. J'avais prévenu de mes déboires sur le blog sans hypothéquer la suite des évènements.

Les copains prennent la route de l'Ardèche. Tout en suivant leurs exploits grâce aux messages de quelques uns, je remonte prudemment sur Barnabé et m'adonne l'après midi à quelques pédalages sur home-trainer en intérieur ou sur pelouse.

Je continue de gamberger quelque peu.Déception, frustration, colère, découragement passager devant cet échec , considérations peu amènes sur le temps qui passe et sur l'âge .Retraite, retrait, renoncement...les 3R m'assaillent.

 

Soudain une belle idée surgit. Un nouveau rêve réparateur. Reconstructeur. Refondateur de l'estime de soi et de celle des autres.

 

Tant pis pour l'Ardèche ...la page est tournée mais je vais marquer mes six mois 2013 restants d'un autre symbole cyclo fort.Très fort. Il aura le goût affirmé d'un nouveau record personnel .

 

Il demandera effort, discipline, constance, pugnacité ,adaptation aux caprices météo tout en procurant plaisir et fierté.De celle qui illumine les visages enfantins d'un beau sourire lorsque les bambins ont réussi quelque chose d' inaccessible..Comme un rêve !

 

Oui , avant le 31 décembre, le compteur de mon vélo Barnabé devra enregistrer 10 000 kms annuels . Soit 7000 kms sur 6 mois et 2000 de plus que l'année précédente .

 

En fait, puisque je ne l'ai jamais remis à zéro depuis son acquisition au printemps 2010, mon compteur devra afficher 29 000 kms. En attendant les 30 000 le premier trimestre 2014.

 

Bien sûr cela va nécessiter une disponibilité certaine mais Andrée se consacre , à Albi et à Paris, à l'accompagnement quasi permanent de sa maman dans la maladie et la perte d'autonomie. Elle donne donc son accord pour les 10 000.

 

Sainte femme ! Fille modèle.Double merci.

 

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Le rêve accompli rend heureux et fier

 

10 000 !Et oui, Barnabé et moi sommes allés au bout de notre rêve, mardi 19 novembre après midi . Sur un parcours familier entre Albi-Lisle sur Tarn-Montans-Albi choisi en fonction du solde à clôturer , 71 kilomètres très précisément.

 

L'itinéraire en comporte quelques uns de plus. Ce sera ma récompense...le fol moment déjà expérimenté où on devient tellement heureux d'avoir atteint le but qu'on ne se sent plus pédaler. On flotte !.

 

Je me souviens de cette sensation perçue en haut du Galibier , du Tourmalet et du Ventoux, après l'épopée Finiels lors de mon retour en solitaire Sauzet-le pont d'Arthès-Albi, au sommet de la première ascension du Puy Mary avec Jean Philippe et Walter, en haut de la côte de DoueJe repense aussi à nombre d'émotions ressenties à vélo cette année sur les petites routes du Tarn, de l'Aveyron, du Lot, du Lot et Garonne, du Tarn et Garonne, de la Haute Garonne, de la Dordogne, de Lozère, de l'Ardèche, du Cantal , des Pyrénées Orientales et même des Alpes Maritimes .Un grand Sud Ouest et un petit Sud Est.

 

Que de souvenirs !

 

Que de beaux matins sauzétois, peu après le lever du jour, à l'heure où Erwan l'aubergiste ouvre sa terrasse pour entamer sa journée de travail et servir le café aux VRP . Moi, j'emballe Barnabé dans le Lodgy pour rejoindre la vallée du Lot et y pédaler par tronçons aller-retour entre Luzech et Bouziés, la Magdeleine et Cajarc, Cajarc et Decazeville, Puy Lévêque et Castelmoron, Castelmoron et Aiguillon . Des étapes cyclo pour la plupart d'environ deux fois 50 kms.

 

L'épisode du PV pour excès de vitesse du Lodgy( 1km/h) à Trentels au retour de l'étape Castelmoron-Puy Lévêque me fait maintenant sourire même si j'y ai laissé un point et quarante cinq euros . Tout comme ma redécouverte de la place du marché de Villeneuve sur Lot arpenté il y a encore peu spectaculairement par Jérome l'Argenté sans foi ni loi .

 

Je repense aussi à la terrible côte de Lasvergnes avec Jean Philippe, au retour du Puy Mary .Les années passent, on avait moins souffert il y a trois ans. Tiens , cette année, mon frangin a passé les 4000 kilomètres dans le Lot, à Lagardelle, près des vignes et de l'ex usine Noël .Son sourire en disait long sur la photo.Il envisage maintenant de s'offrir dans quelques temps un nouveau vélo tout en conservant, lui aussi, une indéfectible affection pour l'actuel.

 

Je me souviens de ces deux périples insolites : Albi-Toulouse une fois et quelques semaines plus tard Toulouse-Albi.Dans les deux cas, les Allées de Brienne, domicile de la Mum, en étaient le but ou l'origine. Mon père doit apprécier , là où il se trouve, que Xav et sa sœur , deux de ses quatre petits enfants, aient tous deux choisi choisi Toulouse pour y construire ou reconstruire leur vie. Toulousains ! Toulousains !

 

Je nous revois, Jean Louis et moi, en octobre, sur la route ensoleillée de l'Aigoual devant le panneau de l'observatoire météorologique . A Luzech, autour de mes potes lotois, Pierre et Claude et d'Alain l'épicier de Sauzet,ex Mazamétain de chez Valéo et qui me fait une réputation usurpée au village de bon cyclo.

 

D 'autres flash s'incrustent fugacement : les signalétiques cadurciennes viticoles du domaine d'Alary et du château Laur, celle d'une pension canine devenue ChienHotel.

 

J'avais aussi bien ri un après midi d'août devant le panneau routier de Goujounac remplaçant l'explicite mention Danger par la non moins compréhensible Festivités . La fête votive y est aussi réputée que l'étroitesse de la route. Je repense aussi à la signalétique des grottes de Foissac transmise par smartphone à un certain Roland éponyme.

 

A priori , pour conclure ces 10 000,j'avais prévu de sortir mercredi, en compagnie de Jean Louis le Basque Bondissant .Mais voilà, mon pote s'est pris les poumons, le nez ou la gorge dans quelques courants d'air du garage Renault quelques jours avant et la météo a semblé moins coopérative mercredi que mardi.

 

J 'achèverai donc mon rêve en solitaire. Dommage mais les autres copains valides travaillent .Respect.Je n'ai pas osé les débaucher, connaissant leur zèle professionnel et leur amour du travail titanesque.

 

Je souris enfin en me remémorant mes escapades cyclo autour d'Antibes,de Cannes, de Nice et de Grasse . Il faut reconnaître que monsieur Estrosi et ses collègues des bords de mer savent aménager des pistes cyclables dignes de ce nom. Beaucoup plus larges que les albigeoises.

 

De nouveaux souvenirs me traversent l'esprit . D'abord la rencontre sur les berges du Lot, à la sortie de Cahors avec toute une équipe du CAT Boissor de Luzech. Les gars et leur moniteur étaient venus effectuer l'entretien paysager d 'une belle demeure, le bateau-promenade le Fénelon arrivait à l'écluse et mon vélo a attiré leurs regards . On a échangé un long moment.

 

Je me rappelle aussi de ma venue à vélo à Tournon d'Agenais, le dimanche de la Foire à la Tourtière. Les arcades de la place de la mairie sentaient bon cette spécialité dont la mairie de Penne d'Agenais m'a fait membre de la Confrérie en …. 1984. Et le bouclier de Brennus du vainqueur 2013 du » championnat d'Honneur trônait fièrement à l'angle de deux rues.

 

D'autres souvenirs cyclopédiques m'envahissent . Les conversations en tout genre avec Jean Marc de la Madeleine , les haltes gaillacoises du grupetto devant le bitro-resto Vigne en foule, cousin du Pré en Bulle albigeois. La rando Albi-Lagrave-Albi avec Mumu autour de la Table de Marie , les photos en selle sur Barnabé d'Aaron et de Stéphane le footeux réunionnais copain de toujours de Xavier Doumerc. La journée Tour de France à Montroc en compagnie de Lylie et Dion où on a bu autant de bières qu'on a récolté de cadeaux de la caravane publicitaire. Et ils étaient nombreux, pour le plus grand plaisir de leur fiston .

 

Le 10 000ème kilomètre s'affiche au retour, à cinq kilomètres de la maison, à hauteur (!) du Poggio du Séquestre.Au bout donc de l'embranchement entre le chemin de Tailleferier et la route Carlus-Albi .Au panneau du stop.Là où est indiqué ….

 

Il ne fait ni beau ni chaud, le ciel devient gris fonçé, le thermomètre indique 8 degrés. Il est un peu plus de 17 heures .On pressent que la nuit noire ne va pas tarder. Je pense alors à Andrée à Paris assumant avec son frère et sa sœur les suites du décès de sa mère, le 2 novembre dernier. Nous nous retrouverons dans cinq jours .

 

Cela fait un bon moment que je ne peux m'empêcher de consulter mon compteur. J'ai commencé à Lisle via le Séquestre, Marssac, Gaillac,Sainte Cécile d'Avès et Saurs .40 kms sur la place de la bastide .

 

Maintenant, je résiste cinq kilomètres au maximum avant de replonger les yeux sur le compteur et en profite pour boire en même temps.... Plus que 30, 20. Michel, tu as déjà roulé les 999/1000 de ton pari avec toi même...alors savoure et joue le jeu. Imite les copains qui sprintent toujours à proximité du Poggio . Sur 130 mètres et quelques dizaines de mètres de dénivelée.Et me voilà transformé en fou pédalant !

 

Ca y est ! Je freine tout sourire et pose le vélo sur le panneau du stop. Enlève sac à dos et gants, trouve la page blanche sur laquelle j'ai écrit Merci Barnabé.10 000 kms. Janvier-Novembre 2013.La coince sur le cadre et prends plusieurs photos avec le smartphone.

 

Je fignole.Une voiture descend du chemin de Tailleferier. Le conducteur m'aperçoit.Stoppe.Ouvre ses glaces et me demande gentiment si je veux vendre mon beau vélo.

 

J'éclate quasiment de rire et lui explique , tout excité, que je viensde faire 10 000 kms en vélo et qu'il me faut bien remercier ma machine en la photographiant lors de ce moment historique.

 

Il me regarde rêveur et confiant, prend le temps de réaliser et me dit spontanément ….bravo...c'est beau d'avoir une passion, d'aller au bout de ses rêves. Moi,j'ai la passion des chevaux de selle. Je viens d'ailleurs de les soigner en haut du chemin de Tailleferier et je rentre.



Une petite demi heure plus tard, arrivé rue Lamartine , douché, je débouche une bouteille de Gaillac champagnisé du Domaine de Vayssettes. J' en déguste une ( deux) flutes avant d'envisager quelques fêtes avec les copains et de téléphoner à Muriel et à Xav. Aaron doit aussi être mis au courant de cette réussite grandparentale.

 

Un jour viendra où nous nous promènerons ensemble à bicyclette.Son père et sa tante seront certainement de la partie et la grand mère prendra des photos avec son smartphone tout en téléphonant à Chantal ou Nadine.

 

Je repense de nouveau à cette rencontre du Poggio basée finalement sur la passion et son prolongement, son aboutissement accompli.Le rêve teinté de bonheur et de fierté.Quelques gorgées de plaisirs majuscules à la Philipe Delerm.


Ils sont bien beaux ainsi mes 10 000 .Je m'en souviendrai toute ma vie.

 

Merci,Barnabé !


MICHEL.........................................................

22novembre 2013

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